Recours contre la vente de la parcelle Chantecler-Pradier
Le 29 juin, à la veille des vacances, le conseil municipal a voté la vente de la parcelle Chantecler-Pradier à CDC Habitat, bailleur social : un terrain arboré et bâti de 5 000 m² en plein centre-ville, cédé à bas prix, pour être démoli et bétonné.
ADDIVA a engagé un recours pour faire annuler cette décision. Soutenir le recours
Ce que la vente ferait disparaître :
▪ Des arbres et de la fraîcheur
Une vingtaine d'arbres à haute tige, irremplaçables à court et moyen terme (dont un arbre remarquable que le PLUi interdit d'abattre), menacés par la bétonisation et la construction du parking souterrain de la résidence.
▪ Un sous-sol gorgé d'eau
Rue de Versailles, la nappe phréatique est à moins de trois mètres de profondeur. Le rapport du BRGM commandé par la mairie en 2021 le documente.
▪ Deux bâtiments encore jeunes
Deux bâtiments de moins de 50 ans, bien intégrés au site, seraient démolis alors que des architectes ont chiffré leur réhabilitation à moins de la moitié de l'estimation de la mairie.
Un bien commun cédé à bas prix
Pour fixer la valeur de la parcelle, le service des Domaines a appliqué la méthode dite « du bilan promoteur ». Selon les termes mêmes de l'avis, elle consiste à déterminer « la somme maximale qui peut être affectée à l'acquisition du foncier par un promoteur immobilier, après avoir soustrait du prix prévisionnel de vente d'une opération projetée, les différents coûts grevant l'opération ». La valeur du terrain se déduit donc de ce que l'acquéreur peut payer tout en préservant sa marge. Ce n'est plus le terrain qui fait le prix, c'est la rentabilité du projet de l'acheteur, sachant qu'en plus ce projet bénéficiera d'aides publiques, financées par nos impôts.
Pour estimer la valeur des futurs logements, la méthode repose aussi sur la comparaison avec d'autres programmes de logements sociaux ou à prix intermédiaires du département. La parcelle la plus remarquable du centre-ville de Ville-d'Avray, arborée, voisine de la place de l'église et à 15 minutes à pied de la gare, se trouve ainsi (dé)valorisée au même titre que des programmes situés en bord de départementale (avenue Roger-Salengro à Chaville, avenue de la Division-Leclerc à Antony).
Il est d'ailleurs instructif de relire l'avis du Domaine, document officiel dont la consultation est obligatoire. Il a été établi sur la seule base des informations fournies par la commune, et celle-ci y décrit un projet de logements en accession intermédiaire et sociale, financés selon les ressources des futurs locataires. Pas un mot sur une résidence intergénérationnelle ou destinée aux seniors. Le Domaine l'a d'ailleurs comparé à des programmes sociaux ordinaires, sans aucun critère d'âge. La promesse de vente n'en dit pas davantage. Les seules mentions d'un caractère intergénérationnel ou du logement des seniors de Ville-d'Avray figurent dans les documents de campagne municipale, dans les intitulés de réunions et, plus généralement, dans des documents commerciaux qui n'engagent en rien CDC Habitat envers la mairie.
Les risques liés à la présence d'eau dans nos sous-sols
La promesse de vente l'affirme : la commune « n'a pas fait réaliser d'étude géotechnique et hydrogéologique concernant les sols et sous-sol du Terrain ». Les études existent pourtant. En 2021, la commune a elle-même demandé au BRGM, le service géologique national, une synthèse hydrogéologique de son territoire. Pour l'établir, ses services techniques lui ont transmis une quinzaine d'études de sol du centre-ville, parmi lesquelles une étude géotechnique consacrée à l'ancienne école Chantecler (Sémofi, mars 2013). L'avis du Domaine mentionne en outre un rapport transmis par la commune lors d'un précédent projet sur ce même terrain, qui prévoyait des fondations profondes sur pieux et des travaux de rabattement de nappe, c'est-à-dire de pompage de l'eau souterraine.
L'eau est là, à faible profondeur. En centre-ville, le long de la rue de Versailles et de la rue de Saint-Cloud, le BRGM situe la nappe généralement à moins de 3 mètres sous le sol, en moyenne à 2 mètres. Il en tire deux conclusions :
« La faible profondeur mesurée des eaux souterraines (en moyenne 2 m de profondeur) est de nature à affecter les fondations des constructions de la zone urbanisée de la commune. »
Citation extraite du rapport BRGM/RP-70670-FR, mars 2021, p. 36
« En cas de cave ou de parking souterrain, les infrastructures peuvent être inondées. »
Citation extraite du rapport BRGM/RP-70670-FR, mars 2021, p. 36
Les inondations sont déjà là. Le rapport relève des caves régulièrement inondées rue de Sèvres, avec des débits en hausse, et des inondations récentes rue de Saint-Cloud, où aucune plainte n'avait jamais été déposée. La carte nationale des remontées de nappe classe une partie de la commune en zone sensible aux inondations de caves.
Creuser n'est pas neutre. Le BRGM rappelle que les sous-sols et parkings enterrés modifient la circulation de l'eau : un cuvelage étanche fait monter la nappe en amont. Creuser et bétonner cette parcelle, c'est prendre le risque de renvoyer l'eau vers les habitations riveraines, et c'est aussi rompre l'égalité de traitement entre les administrés, à laquelle la mairie doit veiller.
Ce que nous demandons au tribunal
L'annulation de la délibération CM_2026-56 du 29 juin 2026. Les principaux arguments de notre requête :
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Information incomplète des conseillers municipaux et motivation insuffisante de la délibération.
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Aucune garantie écrite sur la destination « seniors et intergénérationnelle » annoncée.
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Non-respect des règles de désaffectation du domaine public.
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Atteinte à l'arbre remarquable et au patrimoine arboré, et erreur d'appréciation sur la nécessité de démolir.
Les pièces du dossier
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Délibération du conseil municipal du 29 juin 2026 (CM_2026-56, document officiel publié par la mairie)
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Avis du Domaine du 23 avril 2026 (document officiel publié par la mairie)
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Projet de promesse de vente entre la Ville et CDC Habitat (annexé à la délibération, document officiel publié par la mairie)
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Rapport BRGM/RP-70670-FR, Synthèse hydrogéologique de Ville-d'Avray, mars 2021, établi à la demande de la commune (document non reproduit)
